Dans une petite ville, un vieux manoir hanté où cohabitent des souris pas comme les autres et des orphelins curieux et espiègles.


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Grrrouaf ! [Pluie & Sakuya]

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1 Grrrouaf ! [Pluie & Sakuya] le Dim 2 Juin - 11:37

Pluie

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Modou Groupe
Une chose est sure, c'est que quand Sweet la grosse gourmande s'est vantée d'avoir trouvé dans le jardin un magnifique coin où les framboises avaient déjà poussé, eh bien elle aurait mieux fait de se taire car ce n'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde. C'est même tout le contraire : mes grandes oreilles ont très bien capté l'information, et l'ont aussitôt transmise à mon estomac, qui a lui même forcé mes papattes à partir à la recherche du fameux endroit.

C'est ainsi que je me suis retrouvée à gambader gaiement de touffes d'herbes en touffes d'herbes, m'imaginant déjà me goinfrer des baies que Sweet se réservait. Ma rêverie me rendit si distraite que je ne vis même pas le danger approcher ! Il n'était pourtant pas bien dur à repérer : Un bon gros toutou qui fonce sur soi, ça ne se rate pas. Sauf quand on est comme moi, complètement absorbé par l'illusion créée par son estomac.

Heureusement pour moi les chiens ont la manie de grogner juste avant de faire leur bond ultime sur leur proie, et c'est grâce a ce bruit insolite que ma conscience revint à la normal avant qu'un drame ne se produise : Je bondis en arrière et pu ainsi éviter de justesse les crocs jaunis de mon assaillant. Pouah, mais quelle haleine ! Raison de plus pour déguerpir. Je me mis bien entendu à courir, et ce dans la direction opposé de l'endroit d'où venait de surgir le chien. Je zigzaguais, à la fois pour perturber la course du monstre poilu, et aussi pour pouvoir lui jeter quelques regards sans avoir à me retourner complètement.

Poil ras, couleur sable, oreilles tombantes et museau pointu : Il a tout l'air de ce qu'on appelle un Labrador. Sa queue bat furieusement derrière lui, son museau zebré de cicatrices est tout plissé par un rictus qui ressemble au sourire qu'ont les enfants quand ils s'aperçoivent que leur pierre a bien tué l'oiseau qu'ils visaient. Sa fourrure est hirsute, pleine de taches de boues, et a priori il n'a pas de collier (mais difficile de bien voir, vu ma position). J'ai donc affaire à un chien errant dont les méchants yeux noirs sont rivés sur moi. J'imagine qu'il projette de me manger pour calmer sa faim (Les chiens ont toujours faim à ce qu'il parait)...

Je ne suis pas une souris pantouflarde qui reste toute sa vie dans son nid et n'ose jamais faire quoi que ce soit qui risque de briser sa routine. Moi au contraire je fais les 400 coups et la routine me donne l'impression que je vais me transformer en une vieille souris pleine d'arthrose. Tout ça pour dire que j'ai l'habitude du sport ou des acrobaties, et que je suis en bonne condition physique. Je suis presque la plus rapide des souris de mon âge, et vu la situation je bas très certainement mon record (et de loin !), mais malgré ça je vois bien que je n'arriverais pas à distancer mon assaillant : Et surtout pas en zigzag. Ca fait tout juste quelques secondes que je cours mais je dois user de toutes mes ressources pour aller à une vitesse pareille, et je ne tiendrais pas longtemps, ça me semble évident.

Je sais qu'il y a des humains pas loin, je les ai vu en sortant. Ils étaient dans la cour exterieure et faisaient je ne sais trop quoi. En temps normal j'ai peur des humains, j'aime autant qu'ils ne me voient pas puisqu'ils ont tendance à faire du mal aux miens, mais là, dans la panique, les rejoindre ne me semble pas une si mauvaise idée. Je me dis qu'ils auront plus peur du chien que de moi, qu'ils l'immobiliseront et que je n'aurai plus qu'à en profiter pour m'éloigner définitivement du danger. Plan simple et enfantin, basé sur 70% de facteurs inconnus : c'est tout moi.

Je me remets à courir bien droit et rejoins à vive allure le Manoir, me dirige vers la cour en poussant des couinements plus stridents les uns que les autres. Après une ultime virage, je les vois : Les humains sont là ! Folle de joie, je fonce sur eux et grimpe sur la première jambe à ma portée. A l'aide de mes petites griffes j'escalade pour me retrouver agrippée un peu au dessus du genoux. Je me plaque alors, toute tremblante de peur et à grand renfort de griffes, contre mon refuge improvisé. Cela fait, j'ose un regard dans la direction du labrador : On dirait que voir les humains lui fait de l'effet, il s'est stoppé net à seulement deux mètres !


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