Dans une petite ville, un vieux manoir hanté où cohabitent des souris pas comme les autres et des orphelins curieux et espiègles.


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Retour au bercail et degustation de choux

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"Mille fois les chevaliers du Roi avaient failli avoir raison d'elle, mais après avoir bravé de multiples dangers, la Célèbre Voleuse arriva enfin en lieu sur"

Lorsque la porte de sa chambre, Satine pousse un soupir de soulagement. C'est dans ces cas là qu'elle se rend compte d'à quel point les couloirs sont longs. Et a quel point il est difficile de ne croiser personne entre sa chambre et la cuisine. Quel stress ! Son coeur continue à battre très fort, mais ce n'est pas grave. Elle est au calme et va pouvoir savourer l'objet de son délit.

"La Voleuse avanca d'un pas calme jusqu'au menhir couché qui lui faisait office de table et y posa son trésor. L'éclat doré des pièces se refleta dans ses grands yeux admiratifs"


La sale petite peste dépose un a un les choux à la crème, puis les compte avec bonheur. 1..2...3...14. 14 petits choux rien que pour elle ! Son ventre emet un gargouillis approbateur, mais ses papilles gustatives protestent. Regarder c'est bien, mais il serait temps de les manger ! Satine attrape le plus petit des choux et en croque une petite bouchée qu'elle n'avale pas tout de suite. Elle savoure avec bonheur son dessert préféré.

"La Voleuse passait ses doigts sur les pièces, une par une. Elles étaient toutes d'un or pur, comme seuls savent en posseder les dragons. Il y en avait pour une grosse fortune, et la hors-la-loi s'immaginea tout ce qu'elle pourrait se payer avec. Des serpents de compagnie, et aussi toute la collection des contes de Grimm, de tous les contes du monde peut-être, et aussi une superbe villa au soleil où elle pourrait inviter son frè..."

Tout à coup le choux a un gout amère. Elle avale d'un trait sa bouchée, repose le choux entamé. La blondinette se lève, s'approche de la fenètre et laisse son regard se perdre au loin. Elle aurait bien aimé partager ses choux avec son frère... Après un soupir, elle retourne vers les choux. Elle place un tissus propre dessus, pour éviter que la poussière vienne les salir. *Je les mangerai plus tard... Je n'ai plus le coeur à ça* Alors elle va se coucher pour faire une petite sieste.

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J’étais en train de jouer aux billes dans le couloir quand j’aperçus les traces. De petites gouttes crémeuses, d’abord, qui se succédaient à des espaces réguliers jusqu’à former un petit chemin droit. Cet étrange fait attira bien vite mon attention. Je délaissais mes billes de verre et m’approchais de ce drôle de sillage. Je regardai autour de moi. Personne.

En suivant les gouttes pas à pas, je découvris alors au pied des escaliers, là sur le mur en évidence, des marques de… mains ! De petites mains tachées qui avaient imprégné le mur de leur empreinte coupable ! Je posai mon doigt contre la trace et le portai à ma bouche. Hmm ! C’était sucré ! … C’était surtout interdit. Qui avait pu commettre un tel délit ? Car je le savais bien, moi Pépinot, que c’était interdit de voler dans la cuisine. Et le laisseur d’empreinte avait bravé cet interdit. Il avait dérobé les choux à la crème que la cuisinière gardait en secret dans les cuisines. Je reconnaissais bien ce goût semblable à nul autre.

Révolté contre un tel affront, je me décidai à suivre la trace du coupable. J’étais un des plus petits ici, mais je n’étais ni le moins brave ni le moins futé. Et l’injustice de cette situation me hérissait les poils ! Qui cela pouvait-il être ? Ce gourmand de Gros Jean, qui aimait par-dessus tout se goinfrer de sucreries ? Ou bien Linette, qui accusait les souris à tout bout de champs alors qu’elle était coupable ? J’en aurais le cœur net. Suivant de près le sillage que le criminel avait laissé derrière lui, je montai les escaliers, le nez sur les empreintes et les gouttes séchées qui jonchaient le sol.

Ma filature me mena à un endroit auquel je n’avais pas songé. Mais surtout, je n’y avais encore jamais mis les pieds. C’est que, étant un garçon, je n’avais pas beaucoup l’occasion de me rendre au dortoir des filles ! Car c’était bien là que je débouchais à présent, avec de nouvelles précisions sur l’identité de mon suspect. C’était une fille. J’étais affreusement gêné de me trouver ici. Si Mme Buzatti ou un autre adulte me trouvait dans les parages, je me ferais certainement disputer. Ils diraient tous : « Alors Pépinot, on espionne les filles ? ». Oh, c’était sûr, ils se feraient bien des idées ! Il fallait que je trouve cette voleuse et que je résolve cette affaire au plus vite.

Je poussai la porte du dortoir un peu timidement, et elle s’ouvrit dans un grincement. Ce que je découvris dépassait de loin ce à quoi je m’étais attendu ! Fouinard, Satine Fouinard, la bondinette espiègle qui faisait des ravages dans l’orphelinat ! Etendue nonchalamment sur son lit, elle venait de déguster un chou à la crème, résultat de son larcin. Elle dormait sans que son sommeil ne soit agité par le moindre soupçon de culpabilité. C’était elle, la voleuse ! Je me tenais toujours dans l’entrebâillement de la porte, les yeux écarquillés.


- Toi ! m’écriai-je.





Dernière édition par Oscar Pépinot le Mar 21 Mai - 17:35, édité 1 fois

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Satine rêve qu'elle chevauche un élcair au chocolat pour faire la chasse à cour a des muffins. Elle est douée pour ça, elle en attrape beaucoup ! Son rêve est agréable, bien loin de l'ennui quotidien ou des soucis familiaux. La fillette est sereine dans son sommeil, calme. Tout le contraire de quand elle est reveillée !
Mais tout à coup un bruit qui n'a rien à faire là la surprend. Après quelques instants de flou, elle revient dans le monde réel. Ses yeux s'ouvrent brusquement, elle observe autour d'elle et ne tarde pas à remarquer la porte entre ouverte. La blondinette l'avait pourtant bien fermée, elle en est sure ! La supsicion l'envahit, et elle se lève d'un bond. Sans hésiter elle fonce vers la porte et l'ouvre bien en grand, violement. Et tombe nez à nez avec... C'est qui ça déjà ? Pépin d'oasis ? Carl Peunaud ? Quelque chose comme ça, mais dans le fond peu importe. C'est un intrus qui a eu le toupet de la réveiller
Elle le toise de toute sa hauteur et lui déclare d'un ton supérieur
<<Et bien, nabot ? Qu'est-ce que tu fais dans le dortoir des filles, tu t'es perdu ? Ou alors tu t'ennuies et tu veux jouer ? Pffffffuh ! Moi je ne veux pas ! Vire de là petit, tu me déranges ! >>
Elle luit fait une pichenette sur le front, le pousse jusquà le force à reculer dans le couloir. Puis elle lui claque purement et simplement la porte au nez. Pas question de se mettre à papoter avec un gêneur !
*Me faire déranger au milieu d'un si beau rêve par un stupide nain ! Quelle guigne !*
Satine soupire, mais son regard se porte vers son trésor et elle relativise. Maintenant qu'elle est réveillée et débarrasée de ses pensées négatives concernant son frère, elle va pouvoir savourer ses choux à la crème. D'une certaine manière, ça revient à continuer son reve ! Elle va s'assoir à son bureau et croque à nouveau dans le chou qu'elle avait entamé.

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Une tornade blonde déboule devant moi, ouvrant la porte aussi brusquement qu’un courant d’air. Satine me regarde d’un air de mépris. Elle est plus grande que moi, mais pas tant que ça.

- Et bien, nabot ? Qu'est-ce que tu fais dans le dortoir des filles, tu t'es perdu ? Ou alors tu t'ennuies et tu veux jouer ? Pffffffuh ! Moi je ne veux pas ! Vire de là petit, tu me déranges !

Elle me gratifia alors d’une violente pichenette en plein front, qui me fit tituber en reculant. Je me tins le front en chancelant, avant de me faire claquer la porte au nez. Elle venait de la fermer juste devant moi ! Quelle peste ! Mais je n’étais pas décidée à me laisser faire. Je n’avais pas dit mon dernier mot…

Prudemment, je rouvris la porte très légèrement, ne laissant qu’un mince entrebâillement. Satine était à présent assise à son bureau, entament un nouveau chou à la crème. Ma précédente intrusion ne semblait pas l’avoir beaucoup troublé ! En fait, elle s’en fichait éperdument. C’était fort ! Moi aussi j’aimais les pâtisseries, moi aussi j’aurais bien gouté une bouchée de ces appétissants gâteaux. Mais je suivais le règlement, et le règlement interdisait qu’on s’adonne à ce genre de délits. Satine, elle, semblait totalement indifférente à ces directives. Et en plus, en plus, elle m’avait traité de nabot ! Rouge de colère, je finis par pénétrer – pour la première fois – dans le dortoir des filles, marchant vers elle d’un air décidé. Je me plantai devant elle et dit :

- Mon nom, c’est pas Nabot, c’est Pépinot ! Et je sais que tu as volé ces choux. Je te trouve bien sûre de toi pour quelqu’un qui a commis un vol ! Si je veux, je pourrais le dire à Mme Buzatti ou Mme Becam. Que dis-tu de ça, Fouinard ?


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La jeune fille a encore la bouche pleine de délicieuse crème sucrée lorsque le nain revient à la charge. Mais quel casse-pied celui là ! A croire qu'il n'est là que pour lui gacher ses plaisirs : Son rêve, et maintenant sa dégustation. Même sa satisfaction d'avoir commis un larcin "sans fautes". Elle lui jette un regard courroucé mais inquiet. Il a l'air plutot décidé le bougre ! Il en est tout rouge, c'est amusant. Un peu effrayant aussi. D'abord dubitative, elle se ressaisit finalement. Satine avale sa bouchée et fixe Pépinot d'un air narquois, croisant les bras. *En voilà un qui ne sait pas dans quoi il met les pieds* Elle compte bien lui faire ravaler ses paroles et oublier bien vite ses menaces. Elle a plus d'un tour dans son sac pour le faire changer d'avis.

<< Tu me traites de voleuse, quel toupet ! Alors que tu n'as aucune preuve. Qui te dit que ce n'est pas quelqu'un qui me les a apportés ? Et tu me menaces en plus ! Ce que tu peux être inconscient. Tu sais ce que tu risques si tu vas en parler a la cuisinière ? >>

La jeune fille se jette sur le petit Pépinot et l'attrape brutalement par les épaules. Elle le secoue un peu et prend un air méchant pour l'effrayer. Rien qu'avec la différence de taille, ce n'est pas dur d'avoir l'air impressionnante !

<< Je parie que non ! Mais je vais te le dire moi, tu vas vite comprendre !>>

Elle lache le petit et va tranquillement fermer à nouveau la porte au cas où quelqu'un passe et l'entende. S'il y avait des témoins, cela lui poserait problèmes. Tout en parlant elle écoute à travers la porte. A priori il n'y a rien a signaler.

<<D'abord, ça reviendra à dire que toi aussi tu as enfreins le reglement. Tu n'as pas le droit d'être ici, et ça je suis sure que tu le sais ! En essayant de m'attirer des problèmes, tu t'en créés aussi ! Mais le pire....>>

Rassurée par le silence dans le couloir elle retourne près du bureau et va tapotter gentiment le haut du crâne du petit garçon. Elle prend une voix compatissante, ses tapottes deviennent caresses. Elle s'agenouille et lui sourit d'un air triste.

<<C'est que tout le monde va savoir que tu es un petit mouchard ! Une balance, un vendu ! Et les gens de ce type, personne ne les aiment. Une fois j'ai même vu une fille a qui on a arraché les ongles juste parce qu'elle avait cafté. Tu ne voudrais pas que ça t'arrive quand même ? Moi je ne voudrais surtout pas. Entre orphelins on devrait se soutenir, tu ne crois pas ?>>

Son visage prend un air charmeur, doux et sage. Rassurant. *Avec un enfant de cet âge, la manipulation sera facilitée* se dit-elle, fière.

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Satine me scruta avec intensité, pas du tout ébranlée par mes menaces. Au contraire, elle me regardait d’un air présomptueux, les bras croisés et l’air méprisant.

- Tu me traites de voleuse, quel toupet ! Alors que tu n'as aucune preuve. Qui te dit que ce n'est pas quelqu'un qui me les a apportés ? Et tu me menaces en plus ! Ce que tu peux être inconscient. Tu sais ce que tu risques si tu vas en parler a la cuisinière ?

Je ne sais pas ce qui me troubla le plus, l’assurance de sa voix ou ces suppositions loufoques auxquelles, je l’avoue, je n’avais pas songé du tout. Qu’est-ce que je risquais, en effet ?

Soudain, Satine se jeta sur moi et me secoua brutalement par les épaules. Ce geste était si vif et violent que j’en fus complètement remué, d’autant plus que malgré son jeune âge, elle était beaucoup plus grande que moi. A côté d’elle, c’est sûr, j’étais un gnome. Un nabot, oui.

- Je parie que non ! Mais je vais te le dire moi, tu vas vite comprendre !


Relâchant son étreinte, elle alla fermer la porte d’un air suspicieux, comme si elle craignait qu’on pût nous entendre. L’espace d’un instant, je crus bien que c’était la fin pour moi et qu’elle s’apprêtait à commettre un meurtre dans le dortoir, veillant à ce qu’aucun témoin n’assistât à la scène ! J’étais un peu étourdi par ses secousses, et les pires présages se présentaient à mon esprit enflammé. En général, je ne cherchais pas les histoires dans l’orphelinat. Je n’étais pas de taille. Fouinard, elle, était souvent fourrée dedans. Me revint en mémoire les avertissements de quelques camarades : « Ne te frotte pas à cette fille-là, crois-moi, aucune chance ! ». Trop tard. Qu’est-ce qui m’avait pris de vouloir mener mon enquête !

La fille reprit :

- D'abord, ça reviendra à dire que toi aussi tu as enfreins le reglement. Tu n'as pas le droit d'être ici, et ça je suis sure que tu le sais ! En essayant de m'attirer des problèmes, tu t'en créés aussi ! Mais le pire....

Je retins mon souffle. Il y avait pire ? Satine revint vers moi et me gratifia de petites tapes sur la tête. Ne vous laissez pas attendrir par l’allure affectueuse de ce geste, il n’en était rien ! C’était avant tout un geste de prétention, une supériorité déguisée. S’agenouillant face à moi, elle poursuivit d’un air faussement navré :

- C'est que tout le monde va savoir que tu es un petit mouchard ! Une balance, un vendu ! Et les gens de ce type, personne ne les aiment. Une fois j'ai même vu une fille a qui on a arraché les ongles juste parce qu'elle avait cafté. Tu ne voudrais pas que ça t'arrive quand même ? Moi je ne voudrais surtout pas. Entre orphelins on devrait se soutenir, tu ne crois pas ?

Mes yeux s’agrandirent malgré moi. Arraché les ongles ! Quelle horreur ! Jamais encore je n’avais pensé à de telles éventualités ! Oh là là… J’étais horrifié. Un frisson me parcourut des pieds à la tête. Satine m’adressa un regard amical, presque gentil. Ce revirement était un peu étonnant, et cela ne correspondait guère à son caractère… Mais j’étais trop bouleversé pour tenter de percer à jour les manigances de Satine Fouinard. Elle avait achevé de me convaincre.

- D’accord. Je dirai rien.

Elle parut satisfaite et se releva d’un bond. Elle pensait probablement en avoir fini avec moi, mais je n’étais pas encore tout à fait décidé à prendre congé. J’ajoutai alors timidement :

- Puisque… Puisqu’on doit se soutenir, tu… pourquoi on en partagerait pas un bout ?

C’était assez risqué, même un peu gonflé, mais même si je n’étais pas du genre à jouer au voleur, je n’en étais pas moins gourmand. Je poursuivis précipitamment, comme pour me justifier :

- Après tout, c’est vrai, on n’a personne avec qui partager des choses… On est tous orphelins. Nous n’avons pas de famille. C’est pas vrai ? Alors, tu veux bien ?


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Satine voit bien que son discours fait beaucoup d'effet à l'intrus. Il a l'air tout chamboulé le pauvre, il fait presque pitié ! Mais elle est trop ravie de voir que son petit chantage a marché comme sur des roulettes, il n'y a pas la place pour compatir. Ses petites caresses feront l'affaire, tant pis. La mission est un franc succès, la menace est écartée ! Elle se relève, comme sur un petit nuage. Il n'y a plus qu'à congédier le parasite pour que la paix soit à nouveau totale.

Sauf que lui ne semble pas l'entendre de cet oreille là. Monseigneur veut qu'on partage ! Au début la blonde est fidèle a sa coloration capillaire et ne comprend pas de quoi il parle. "Un bout" mais de quoi ? Finalement elle aboutit à la conclusion qu'il parle des choux. Il veut profiter des gourmandises acquises si durement ? Ce garçon est un concentré de culot. En plus il vient de retourner l'argument final de la fillette contre elle même. Elle fait une moue agacée, le regarde en hésitant. Rélféchit.
*Je pourrais lui faire remarquer que moi j'ai de la famille dehors, un frère sur qui je peux compter. Changer de sujet jusqu'à lui faire oublier les choux.* Elle pourrait. *Mais ce nain n'a pas besoin de savoir ma vie !* "Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous" Ces dernières années lui ont permis de vérifier que rien n'est plus vrai que cette simple phrase. Alors elle hausse les épaules et soupire. Voit le regard plein d'espoir du Nabot, a peine remit de sa peur de se faire arracher les ongles. Se laisse attendrir et capitule. *Et puis comme ça il sera totalement dans la confidence. Plus aucune possibilité de me trahir ! *

Un sourire malicieux se dessine sur ses lèvres , une idée vient de germer. Elle prend un chou, le plus gros. Débordant de crème, appetissant à souhait. Il ferait gargouiller les pierres. Tout en souriant elle le tend au petit Pépinot puis déclare d'un ton aussi sucré que la friandise qu'elle s'aprete à offrir
<<Oui bien sur, partageons. Mais cela revient à faire un pacte : C'est comme si tu jurais de ne jamais me dénoncer. De plus, j'espère que tu te sens pret à supporter de poids de la culpabilité ! Puisque accepter de manger ce qui a été volé, ça fait de toi un complice. Mon complice.>>
Elle même saisi un chou plus petit et le croque goulument. L'enfant enchaine, sitot sa bouchée avalée
<<Heureusement la complicité a aussi un sens positif n'est-ce pas ? Je suis sure qu'on va pouvoir s'ente aider pour beaucoup de choses.>>
Elle lui fait un clin d'oeil et se met à partager les choux restants en deux parts égales. L'un est placé loin du petit garçon, l'autre à portée de sa main. Bien entendu, la fourbe prend bien soin de laisser les plus gros à son nouvel associé. Juste histoire qu'il n'ai pas envie de protester.

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- Oui bien sur, partageons. Mais cela revient à faire un pacte : C'est comme si tu jurais de ne jamais me dénoncer. De plus, j'espère que tu te sens pret à supporter de poids de la culpabilité ! Puisque accepter de manger ce qui a été volé, ça fait de toi un complice. Mon complice.


Cette phrase sonna de manière très solennelle dans mes oreilles. J’en étais même assez impressionné. Satine employait des mots que je n’avais vu que dans les romans, dans les récits épiques où des choses d’une importance capitale étaient en jeu. Je ne comprenais pas pourquoi Satine les utilisait pour parler de choux à la crème. Cela rendait la situation plus grave et sérieuse qu’elle ne devait l’être. A moins que… A moins que ce soit moi qui ne mesure pas le sérieux des évènements ??

Pacte, poids de la culpabilité, complice. Complice… Je me sentis soudainement accablé par un fardeau invisible, dont je n’avais jusqu’alors jamais senti la présence. Que m’arrivait-il ? Satine me faisait peur avec ces airs de conspiration ! Un complice ? Est-ce que c’était grave, un complice ? Est-ce que je devenais alors aussi coupable qu’elle ? Mais enfin… je n’étais pas un voleur moi ! Non, je n’ai rien fait, je n’ai rien fait !

L’espace d’un instant, je m’apprête à refuser dignement cet accord… Malgré mon âge, ma droiture d’esprit est déjà fort développée. Mais… à la vision de ce gâteau débordant de crème, tendu vers lui, l’appel de la gourmandise se fit entendre…. Très loin d’abord, comme un écho, puis de plus en plus fort, un vrai tambour dans mon estomac ! Je sentais mes papilles frétiller d’avance. Oh, comme je le voulais, ce chou ! Je finis par l’attraper d’un geste un peu brusque. Je n’y résistais plus.

Satine, qui ne subissait pas les mêmes tourments intérieurs que moi, n’avait aucun mal à profiter elle-même de son larcin. Elle mordait à pleines dents dans un autre chou, sans que son sourire ne consentît à quitter ses lèvres. Un drôle d’air planait sur son visage, bien que je n’arrive pas à le définir… Je ne pouvais m’empêcher de penser que cette fille jouait une sorte de jeu. Même avec les autres enfants.

- Heureusement la complicité a aussi un sens positif n'est-ce pas ? Je suis sure qu'on va pouvoir s'ente aider pour beaucoup de choses.

Cette fois, j’eus vraiment un frisson. Ne t’approche pas de Fouinard, l’avertissement me revint en mémoire illico. Ne t’approche pas de Fouinard. Mais trop tard, je m’étais approché, et de bien près. J’avais même partagé un chou – un crime – avec elle. Je ne pouvais plus faire marche arrière. Fouinard me fait un clin d’œil malicieux, qui peut être soit :

1. Le signe chaleureux d’une amitié naissante
2. L’évidence qu’un dessein de mauvaise augure germe dans son crâne


Je n’ai pas la réponse, seulement le doute. L’odeur du chou me chatouille encore les narines, en communication directe avec ma langue qui se languit, justement. Pour m’achever, Satine partage un autre chou en deux, et m’en propose une part. La plus grosse. Générosité ou piège ? Est-ce qu’elle remarque comme je suis troublé ? Une gentillesse si attentive est bien suspecte après l’agressivité dont elle a fait preuve juste avant ! Je n’y comprends plus rien. Pour un peu, j’en aurais la tête qui tourne. Ça suffit ! Tant pis, je me jette dans la gueule du loup. Ou du chou. Je mords, en plein dedans.

C’est si bon ! Cela fait bien longtemps que je n’ai pas gouté un si délicieux festin. La crème coule sur mes doigts et s’étale sur ma bouche. Je n’en laisse pas une miette. Satine me regarde avec intensité. Lorsque je suis repus, et un peu gêné par mon attitude, j’ose demander à ma… complice :

- Sur quelles choses allons-nous nous entraider ? Ce sera des choses interdites ?

Satine ne répond pas tout de suite à ma question. Elle continue de savourer ses mets volés. J’ajoute, afin de savoir si elle connait vraiment le terrain sur lequel elle m’emmène :

- Tu as déjà eu un complice, toi ?



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